« Nous sommes notre placebo » (traduction française de l’article paru dans le journal national « O Globo, le 15 août 2015)

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« Je suis née à Paris, au début des années 70, où j’ai passé toute ma vie. je me suis formée en chinois classique pour pouvoir lire et comprendre les philosophes taoïstes. Quand je suis allée en chine, à 16 ans. j’ai découvert un univers radicalement différente. A 19 ans, j’ai rencontré une pratique corporelle qui est devenue rapidement essentielle dans ma vie. »

Raconte quelque chose que je ne sais pas. Des études en neurosciences e en biologie ont prouvé que le corps, avec l’aide de la pensée, était capable de ‘auto-guérir. Nous sommes notre propre placebo. Pour cela, nous avons besoin de modifier notre façon de penser et la structure de notre cerveau et influencer nos émotions et notre physiologie. Sortir de la posture de victime et assumer notre responsabilité totale. Ce processus va activer de nouveaux gênes que vont favoriser les conditions de la santé. C’est un chemin d’auto-guérison que j’ai expérimenté avec la Maladie Coeliaque.

Le Shintaido est une nouvelle mode? Non. C’est une évolution des arts traditionnels du japon, exécuté avec l’ensemble du corps, mais qui est né dans les années 60 avec Aoki sensei et des grands artistes martiaux de l’époque, « le groupe des Optimistes » (Rakutenkai) qui étaient à la recherche d’un mouvement que incluaient le désir de paix et la compréhension entre les peuples.

Parlant de paix, comment va le monde aujourd’hui? Le monde est. Il reflète l’état interne des êtres humains. la situation est préoccupante, nous passons pour de nombreux défis : écologiques, économiques, sociaux et politiques. La Terre est notre maison, et elle est très mal soignée. Nous devons nous réveiller, changer et agir de forme consciente.

Comment vivez-vous ? Je vis simplement. Je savoure l’existence et me sens reconnaissante pour cette vie. je perçois de plus en plus l’importance de la discipline pour être heureuse : prendre soin du sommeil, de l’alimentation, des pensées et de nos relations.

Une française arrive à faire attention à l’alimentation? « Que l’alimentation soit ta première médecine ». J’essaye de suivre ces principes d’Hippocrate, avec des repas savoureux et sains. Pour des raisons de santé, je préfère les produits bio et sans gluten. J’aime boire des infusions, des jus naturels, et plus rarement, une tasse de vin avec un morceau de fromage quand je me sens nostalgique de ma terre natale.

Et médite à certaines heures… Non seulement à certaines heures, mais aussi de façon informelle, en faisant la vaisselle, en attendant le bus ou dans la salle d’attente du dentiste. Je médite également de façon formelle à la maison ou dans le dojo (espace de pratique).

Les brésiliens et les français ont une approche différente des arts traditionnels? Au contraire des français qui ont besoin de développer le corps, les brésiliens, particulièrement les cariocas, ont besoin de canaliser leur énergie. Quand on est pris dans ses pensées, on perd le contact avec la réalité et le champ de bataille aujourd’hui, c’est la rue. On ne sait jamais d’où peut jaillir le danger. Les pratiquants développent un sens qui aide à mieux percevoir son environnement. Mais attention, il ne s’agit pas de se battre, mais de s’éveiller.

Et vivre en Chine? Je suis allée cinq fois en Chine de1986 à 1999. J’y ai rencontré les vestiges d’une culture de 5000 ans, détruite par le maoïsme que était en train de se reconstruire. Le choc m’a ouvert à la diversité, m’a aidée à sortir de l’ethnocentrisme et à relativiser le cartésianisme.

Que sentez-vous quand vous pratiquez? Le corps vibrant, l’esprit heureux, le coeur ouvert… Un bonheur qui vient de la production des hormones du plaisir: sérotonine, dopamine e ocytocine.

China, Brésil, France ou Japon quel est votre chouchou?  La France sont les racines, la Chine, le tronc, le Japon les branches et le Brésil, les fleurs. Le tout compose un arbre unique que je ressens profondément en moi.

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Ubuntu

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Ubuntu…. un concept qui vient  d’Afrique Centrale et du Sud  qui fonde notre interconnexion, notre interdépendance. En Zoulou, Ubuntu signifie : « La croyance dans un lien de partage qui connecte toute l’humanité. » Nelson Mandela décrivait l’éthique Ubuntu par ces mots : « Je suis parce que tu es. » Il s’agit d’une vision profondément écologique où le local et le non-local coexistent dans un processus dynamique d’interdépendance, où il n’est plus possible de se sentir séparé, isolé du reste de l’humanité et de tout ce qui compose l’univers. Cette vision renverse le traditionnel  « je pense donc je suis » de Descartes et place la relation, le lien  au coeur de ce qui fait notre humanité.  Voir à ce propos la description faite par Arnold Mindell, Process mind : a user’s guide to connecting with the Mind of God, p. 238-239 – Plus d’infos : article amaizo article Mediapart